En
Décembre
1944,
le
Reich
est
au
bord
du
désastre
et
Hitler
tente,
dans
les
Ardennes,
l'offensive de la dernière chance.
Elle échoue.
L'Allemagne est submergée à l'Ouest et à l'Est.
Les armées américaines et soviétiques font leur jonction sur l'Elbe.
Dans Berlin, assiégée par les Soviétiques, Hitler se suicide le 30 avril.
La
ville
tombe
le
7
mai,
et
à
Reims,
le
général
Jodl
signe,
au
QG
d'Eisenhower,
la
capitulation de l'ensemble des troupes allemandes.
Le
8
Mai,
l'acte
définitif
est
ratifié
à
Berlin
par
Keitel
(Allemagne),
Joukov
(URSS),
Eisenhower (USA), Tedder (Royaume-Uni), et de Lattre de Tassigny (France).
Dès 1946, le 8 Mai commémore la victoire des puissances occidentales sur le nazisme.
En
1975,
Valéry
Giscard
d'Estaing
supprime
cette
commémoration,
qui
sera
rétablie
en
1981, par le gouvernement de Pierre Mauroy ...
Le 8 Mai : Jour de Victoire, Jour de Mémoire
Le 8 mai est bien plus qu'une date inscrite dans les calendriers.
C'est
un
moment
de
recueillement
national,
un
rappel
solennel
des
sacrifices
consentis
pour
la
liberté,
et
une
célébration
de
la
victoire
du
monde
libre
sur
la
barbarie nazie.
Chaque
année,
la
France
s'arrête
pour
honorer
la
mémoire
de
ceux
qui
ont
combattu,
souffert
et
donné
leur
vie
afin
que
les
générations
futures
puissent
vivre
en paix.
La Fin d'une Ère Sombre
Le 8 mai 1945 représente l'un des tournants les plus décisifs de l'histoire contemporaine.
Ce
jour-là,
l'Allemagne
nazie
signe
sa
capitulation
sans
condition,
mettant
officiellement
fin
à
six
années
d'un
conflit
dévastateur
qui
avait
embrasé
l'Europe
et
le monde entier.
Depuis
l'invasion
de
la
Pologne
en
septembre
1939,
des
dizaines
de
millions
de
personnes
avaient
péri,
soldats
tombés
sur
les
fronts,
civils
victimes
des
bombardements, des déportations et de la politique d'extermination menée par le régime hitlérien.
On estime que la Seconde Guerre mondiale a coûté la vie à plus de 70 millions de personnes dans le monde, dont une majorité de civils.
En France seule, près de 600 000 personnes ont perdu la vie, entre combats, déportations et exécutions.
La reddition allemande est actée le 7 mai 1945 à Reims, puis ratifiée à Berlin le 8 mai.
C'est la date du 8 mai qui sera officiellement retenue comme jour de la victoire en Europe, marquant la fin de la domination nazie sur le continent.
La
capitulation
de
l'Allemagne
nazie
ne
met
pas
encore
un
terme
global
au
conflit
mondial
:
la
guerre
contre
le
Japon
se
poursuivra
jusqu'au
2
septembre
1945, avec la signature de la reddition japonaise à bord de l'USS Missouri.
Des Scènes de Liesse Inoubliables
Dès l'annonce de la capitulation allemande, des foules immenses envahissent les rues des villes libérées à travers toute l'Europe.
Après des années d'occupation, de peur, de rationnement et de deuil, la nouvelle de la victoire déclenche une explosion de joie collective difficile à décrire.
À
Paris,
à
Londres,
à
Bruxelles,
à
Amsterdam,
partout,
des
milliers
de
personnes
chantent,
dansent,
s'embrassent
et
brandissent
des
drapeaux
avec
des
larmes de soulagement et de bonheur.
Des centaines de milliers de Britanniques convergent vers Buckingham Palace et Trafalgar Square pour célébrer la fin de la guerre.
Le roi George VI et la famille royale apparaissent au balcon sous les acclamations d'une foule en délire.
À Paris, les Champs-Élysées deviennent le théâtre d'une liesse populaire extraordinaire.
Des
témoignages
de
l'époque
décrivent
une
atmosphère
de
fraternité
universelle,
où
des
inconnus
s'enlacent,
des
soldats
sont
portés
en
triomphe
et
des
fenêtres s'ornent de drapeaux tricolores.
Pour les soldats alliés, Américains, Britanniques, Canadiens, Français libres, la capitulation nazie est la récompense de sacrifices inimaginables.
Nombre d'entre eux fondent en larmes, pensant à leurs camarades tombés au combat qui ne verront jamais ce jour.
Reims : Le Lieu de la Reddition
La ville de Reims, déjà chargée d'histoire pour avoir été le lieu du sacre des rois de France, entre une nouvelle fois dans les annales le 7 mai 1945.
C'est
dans
une
école
technique
de
la
ville,
transformée
en
quartier
général
du
général
Eisenhower,
commandant
suprême
des
forces
alliées,
que
le
document
de capitulation sans condition de l'Allemagne nazie est signé.
La
reddition
est
signée
par
le
général
Alfred
Jodl,
chef
d'état-major
de
la
Wehrmacht,
au
nom
de
l'Allemagne,
et
par
le
général
Walter
Bedell
Smith
au
nom
des forces alliées occidentales.
Le général soviétique Ivan Sousloparov signe également en tant que représentant de l'URSS.
Pour les Alliés, cette signature constitue l'aboutissement de six années d'effort de guerre acharné.
Mais,
Staline,
mécontent
que
la
capitulation
ait
été
signée
sans
une
présence
soviétique
suffisamment
solennelle,
exige
une
seconde
cérémonie
à
Berlin-
Karlshorst dans la nuit du 8 au 9 mai 1945.
C'est pour cette raison que la Russie célèbre encore aujourd'hui la victoire le 9 mai et non le 8.
La salle où fut signée la capitulation, connue sous le nom de Musée de la Reddition, est aujourd'hui un lieu de mémoire ouvert au public.
Les tables, les cartes et les documents d'époque ont été préservés, offrant aux visiteurs un contact direct avec cet instant historique fondateur.
Chaque 7 et 8 mai, la ville organise des commémorations officielles en présence d'élus, de vétérans et de délégations étrangères.
"La Victoire !"
Le 8 mai 1945, Paris et la France entière explosent de joie.
Des millions de citoyens descendent dans les rues pour fêter la fin de l'occupation et la victoire des Alliés.
Un moment gravé à jamais dans la mémoire collective française.
Le 8 Mai, un Jour Férié : Pourquoi ?
En
France,
le
8
mai
est
un
jour
férié
national
officiellement
instaurée
pour
honorer
la
mémoire
des
combattants
tombés
lors
de
la
Seconde
Guerre
mondiale
et pour célébrer la victoire des nations libres sur le nazisme.
Cette
reconnaissance
officielle
n'a
pourtant
pas
toujours
existé
sous
sa
forme
actuelle
:
la
date
a
connu
plusieurs
vicissitudes
politiques
avant
d'être
définitivement établie.
1945 : Le 8 mai est spontanément célébré comme jour de la victoire dès la fin du conflit.
1953 : Le jour férié est officiellement instauré par la loi en France pour commémorer la victoire alliée.
1959 : Le général de Gaulle supprime le caractère férié du 8 mai dans un souci de réconciliation franco-allemande.
1981 : Le président François Mitterrand rétablit le 8 mai comme jour férié national, reconnaissant la nécessité de perpétuer la mémoire collective.
Au-delà du simple repos légal, le jour férié du 8 mai incarne un devoir de mémoire institutionnalisé.
Il rappelle à chaque génération que la liberté dont elle jouit aujourd'hui a été chèrement payée par ceux qui ont combattu contre la tyrannie nazie.
Les cérémonies officielles, présidées par les plus hautes autorités de l'État, donnent à cette journée une solennité particulière qui dépasse le simple symbole.
La Seconde Guerre mondiale reste le conflit le plus meurtrier de l'histoire humaine.
En Europe, des villes entières ont été rasées, des familles décimées, des peuples déportés et exterminés.
Le
8
mai
est
aussi
le
moment
de
se
souvenir
des
six
millions
de
Juifs
assassinés
dans
la
Shoah,
et
de
l'ensemble
des
victimes
civiles
et
militaires
de
ce
conflit sans précédent.
La Transmission de la Mémoire
Au fil des décennies, les témoins directs de la guerre, combattants, résistants, déportés, civil, se font de moins en moins nombreux.
Cette disparition progressive des derniers témoins rend d'autant plus essentielle la transmission active de la mémoire aux jeunes générations.
Les cérémonies du 8 mai jouent un rôle central dans cette mission mémorielle.
Figures
incontournables
des
cérémonies
commémoratives,
les
porte-drapeaux,
souvent
d'anciens
combattants
ou
leurs
descendants,
incarnent
le
lien
vivant
entre le passé et le présent.
De plus en plus, des jeunes citoyens et lycéens reprennent ce rôle symbolique fort, signifiant que la relève mémorielle est assurée.
Les programmes d'histoire de l'Éducation nationale accordent une place centrale à la Seconde Guerre mondiale.
Des
visites
de
lieux
de
mémoire
comme
le
Mémorial
de
la
Shoah
à
Paris,
les
plages
du
Débarquement
en
Normandie
ou
les
camps
de
concentration
participent à ancrer la mémoire dans le vécu des élèves, bien au-delà des seuls manuels scolaires.
Les témoignages recueillis
Des
associations,
des
musées
et
des
institutions
comme
la
Fondation
pour
la
Mémoire
de
la
Shoah
ont
entrepris
de
collecter
et
d'archiver
systématiquement
les témoignages des survivants et des vétérans.
Ces récits, immortalisés sous forme de vidéos, d'ouvrages ou d'expositions, constituent un patrimoine mémoriel irremplaçable pour les générations futures.
La
cérémonie
nationale
du
8
mai,
présidée
par
le
chef
de
l'État,
se
tient
chaque
année
à
Paris,
sous
l'Arc
de
Triomphe,
devant
la
flamme
du
Soldat
Inconnu,
symbole universel du sacrifice de ceux dont on ne connaîtra jamais le nom.
80 Ans de Paix : Un Héritage Précieux
En 2025, la France et l'Europe tout entière célèbrent les 80 ans de la Libération et de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Cet
anniversaire
exceptionnel
est
l'occasion
de
mesurer
le
chemin
parcouru
depuis
les
ruines
de
1945
et
de
prendre
la
pleine
mesure
de
l'héritage
de
paix
construit par les générations précédentes.
L'Europe de l'Ouest connaît depuis 1945 sa plus longue période de paix et de coopération entre nations anciennement ennemies.
L'Union européenne, née des cendres de la guerre, réunit aujourd'hui 27 États membres autour de valeurs communes de démocratie et de paix.
La Seconde Guerre mondiale reste le conflit le plus meurtrier de l'histoire humaine, avec environ 70 millions de morts dans le monde.
L'année 1945 marque non seulement la fin de la guerre mais aussi la naissance de l'ONU, créée pour prévenir tout conflit mondial futur.
Cet anniversaire revêt une dimension particulière dans le contexte géopolitique actuel, où la guerre est revenue sur le sol européen.
Il
rappelle
avec
force
que
la
paix
n'est
pas
un
acquis
définitif,
mais
un
équilibre
fragile
qui
exige
un
engagement
constant
de
la
part
des
citoyens
et
des
dirigeants.
Les cérémonies du 80e anniversaire sont ainsi l'occasion d'un dialogue entre la mémoire du passé et les défis du présent.
"Ne jamais oublier"
Chaque
année,
devant
les
monuments
aux
morts
et
les
tombes
des
soldats,
des
milliers
de
Français
se
rassemblent
pour
honorer
le
souvenir
de
ceux
qui
ont
tout sacrifié.
Ce devoir de mémoire n'est pas un regard figé vers le passé : c'est un engagement vivant pour l'avenir.
Le 8 Mai : Plus qu'une Date, un Devoir
Au terme de ce parcours dans la mémoire du 8 mai, une évidence s'impose : cette date n'appartient pas seulement aux livres d'histoire.
Elle nous parle directement, aujourd'hui, de qui nous sommes et des valeurs que nous entendons défendre.
La
connaissance
de
l'histoire
de
la
Seconde
Guerre
mondiale
et
de
ses
horreurs,
la
Shoah,
les
crimes
de
guerre,
la
déshumanisation
systématique,
est
le
premier rempart contre la répétition de telles tragédies.
Une société qui oublie son histoire est une société vulnérable.
Derrière
chaque
nom
gravé
sur
un
monument
aux
morts,
derrière
chaque
médaille
remise
à
titre
posthume,
se
cache
une
vie
brisée,
une
famille
dévastée,
un
avenir volé.
Rendre hommage à ces hommes et ces femmes est un acte de justice et de reconnaissance qui transcende les générations.
Le message du 8 mai n'est pas seulement tourné vers le passé.
Il
est
aussi
un
appel
à
l'action
pour
le
présent
et
l'avenir
:
construire
des
sociétés
plus
justes,
renforcer
les
institutions
internationales,
combattre
les
extrémismes et promouvoir le dialogue entre les peuples.
La paix se construit chaque jour, par des choix politiques, éducatifs et citoyens.
L'histoire montre que la démocratie et les droits fondamentaux ne sont jamais définitivement acquis.
Les régimes totalitaires ont pu s'imposer en s'appuyant sur des crises économiques, des peurs collectives et une désignation de boucs émissaires.
La vigilance citoyenne face aux discours de haine et aux dérives autoritaires reste plus que jamais nécessaire.
"Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre."
George Santayana